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La Messe de San Procolo

Voici comment Giorgio La Pira décrit en 1945 la naissance et les caractéristiques de cette expérience.

Il faut le dire tout de suite, la Sainte Messe des pauvres de San Procolo et de la Badia plongea ses racines dans un profond désir d’« aventure » chrétienne, empreinte de foi et de charité, qui dirigeait alors – et dirige encore – notre âme.

Elle est née d’un besoin de « désembourgeoisement » de notre christianisme. Et il y eut les mots mystérieux de cette parabole mystérieuse qui servirent d’aiguillon et de guide : Allez aux carrefours des routes et appelez quand vous les trouvez les pauvres, les aveugles, les estropiés, les boiteux, et conduisez-les ici afin que se remplisse ma maison.

Nous avons pris l’Evangile au pied de la lettre : nous nous sommes rendus à l’asile de nuit public – je me souviens des impressions des premières visites au milieu de cette masse si étrange des clients de l’asile ! – et aux autres « carrefours » où il était possible de trouver les amis que nous cherchions : des couvents dans lesquels la soupe populaire était distribuée à treize heures et ainsi de suite.

Une fois vaincues les difficultés que doit affronter toute nouvelle expérience, notre projet devint réalité : un dimanche du printemps 1934, une quarantaine de pauvres – les derniers parmi les derniers : aveugles, boiteux ! – étaient rassemblés dans l’église de San Procolo pour participer à la Sainte Messe. Peu de mots furent prononcés durant l’Evangile et, après quelques prières, la Messe prit fin.

Une corbeille de pain frais fut apportée à l’Autel : ce pain fut béni, on récita ensemble un « Notre Père » et la distribution fut réalisée dans le calme.

Nous en sommes sortis contents, désireux de répéter l’expérience le dimanche suivant, et par la suite, cette expérience de foi et de charité chrétienne considérablement développée, a constitué l’attente et la joie dominicale de nombreuses personnes.

Les quarante premiers participants évoqués précédemment sont presque tous morts. Mais plus de mille cinq cents âmes se réunissent à leur place chaque semaine pour célébrer ensemble le Sacrifice de l’amour.

Au cours des Saintes Messes de San Procolo et de la Badia, la première expérience chrétienne se répète en quelque sorte : parce que les riches et les pauvres, les personnes aisées ou non, forment une seule famille comme les premiers chrétiens, cor unum et anima una.

En 1942, la foule des participants devint si dense à San Procolo qu’il fut nécessaire d’avoir recours à une église plus grande. Aussi sommes-nous passés à la Badia. San Procolo fut conservé pour la célébration de la Messe destinée aux femmes.

Plus de dix ans sont passés : tant d’expériences d’amour fraternel et de sainte providence au cours de ces années en si peu de temps ! Notre Trésorière, la Madone, a distribué des sommes considérables obtenues de façon mystérieuse. Ne cherchez pas ! Nous avons vécu de l’air comme les oiseaux : de prière et de confiance !

Et San Procolo est devenu le nom d’une famille qui recrute ses membres dans toutes les couches de la société : des plus humbles aux plus élevées. Personne n’est passé par San Procolo ou par la Badia sans en avoir tiré un profit intérieur. Parce que pendant la célébration des Saintes Messes, à la Badia comme à San Procolo, les âmes sont vraiment touchées par le vent vivifiant de la grâce du Christ. Il s’agit d’une douce espérance qui s’élève du cœur.